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Une famille de réfugiés arrive à St-Hilaire

Pour faire la vaisselle, il suffisait de jeter un seau d’eau sur la table !

Ils sont arrivés à 14, la famille Pierrelée, les voisins, une vielle dame du voisinage, entassés dans trois voitures avec les matelas, la bouteille de gaz et le réchaud et tout ce qu’ils ont pu emporter... Une tante, employée des chemins de fer, avait été envoyée quelques semaines plus tôt en repli au passage à niveau de la Ville-Maurice. C’est elle qui avait dit à sa sœur de venir dans la région qui lui paraissait beaucoup plus protégée que sa Picardie natale.

Le voyage avait duré plusieurs jours et s’était avéré plus dangereux que prévu. Les passagers des trois voitures avaient été séparés à Dreux au moment d’un terrible bombardement des colonnes de réfugiés par l’aviation italienne entrée en guerre quelques jours plus tôt. Ils s’étaient retrouvés, avaient repris la route pour une nouvelle escale à Baugé où une famille leur avait donné l’hospitalité. En échange, les hommes du convoi, dans la force de l’âge, avaient prêté main forte pendant deux jours pour rentrer les foins.

Les voilà arrivés à Saint-Hilaire. Ce n’était pas la petite maisonnette qui pouvait accueillir tout ce monde. Elle était déjà bien remplie avec la mère de famille-garde-barrière et plusieurs de ses enfants. Mais cette dernière avait contacté les voisins et tout le monde s’est retrouvé à la Laurière, dans l’actuelle maison de Albert Audion.

L’accueil a été chaleureux et très vite, les adultes et les jeunes ont connu tout le monde à la Laurière, à Maubusson et à la Charpenterie...
Lucette Pierrelée, Louis Clavier et Eugène Loquais avaient 13 ans cette année-là. Un soir, Les Pierrelée sont allés dîner chez la famille Paré à Maubusson. Lucette s’en souvient encore !

Le couvert était vite mis !
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