Le patois local > Chroniques d’un vieux Paydret > Les fruits
Nous continuons ici les chroniques d’Eloi Guitteny sur son pays. Il décrit sa relation aux arbres fruitiers dans un texte lu par Madeleine Hervé.
-
- Madeleine Hervé lit le texte d’Eloi Guitteny publié en 1974.
- Télécharger le fichier mp4
Traduction
A partir de la Toussaint, c’est le moment de planter les arbres fruitiers. Mais c’est une mode qui est largement abandonnée aujourd’hui. On trouve plus agréable d’aller chez le marchand acheter des cerises ou des prunes.
Aujourd’hui, il faut des traitement de toutes sortes... et il y a les vacances ! Elever un arbre, c’est comme élever un enfant : Il faut en prendre grand soin pendant bien des années.
Mais, quand vous êtes vieux et que vos petits-enfants viennent vous voir, ils sont heureux de grimper à l’échelle pour cueillir des cerises et l’hiver, ils sont contents de croquer des noix ou des pommes - qui seront bien rares cette année, mais ce n’est pas tous les ans la même chose.
Et puis il y aurait aussi des conserves de bigarreaux, de mirabelles, de poires "guyam" [1].
Au retour de la guerre, en 1920, j’ai planté des Dubuisson qui n’ont pas fini de donner [2]. Depuis, j’ai toujours planté, greffé, écussonné, arraché aussi ceux qui ne donnaient pas de fruits.
Il y a bien longtemps déjà, j’avais planté un abricot-pêche. Mais il ne donnait jamais ; ma femme me disait toujours "Arrache-le donc !" Je lui répondais : "Vous l’arracherez quand je serai mort". l’an dernier il a donné énormément. Maintenant, il n’est plus question de l’arracher !
2 novembre 1974.
