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Depuis quelques décennies, on construit des maisons sans cheminées, comme des bonshommes sans tête.. Mais Eloi se dit qu’on y reviendra peut-être...
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- Odette Batard lit le texte d’Eloi Guitteny écrit en octobre 1974
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Traduction :
Les cheminées
Dans notre temps, on ne connaissait guère le confort. Mais l’endroit où il faisait bon vivre c’était le foyer. La preuve ? Quand deux jeunes se marient, on dit qu’ils vont fonder un nouveau foyer.
Mais le foyer, ce n’est pas tout ! Il faut une cheminée. Sans elle, la maison serait noire de fumée.
Auriez-vous imaginé autrefois une maison sans cheminée ? Bien sûr que non ! Eh bien, aujourd’hui, elles sont toutes alignées... Quand je passe à côté de ces maisons sans cheminées, c’est comme si je voyais un homme à la tête coupée.
Je sais bien qu’il y a le gaz, et l’électricité. Ça va bien plus vite que le feu de bois. Mais même si je ne m’en servais pas, si je faisais construire une maison, je voudrais qu’elle ait une cheminée.
Et puis, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Avec cette crise du pétrole [1], qui sait si la mode du feu de bois ne reviendra pas un jour ?
Ce seront les nouveaux riches qui pourront refaire du feu de bois sans avoir à tout casser chez eux pour faire une cheminée.
C’est vrai qu’arrivé à mon âge, on radote... vous devez être bien fatigués d’entendre mes radotages.
26 octobre 1974.
Notes
[1] Ce texte a été écrit en 1974. Le premier choc pétrolier date de 1973.
