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Le pélerinage de Notre-Dame de Boulogne fait halte à St-Hilaire

Juin 1944. Là ce ne sont pas les gens qui se rendent voir un lieu particulier. C’est une statue qui traverse la France et fait une halte à St-Hilaire. Récit du curé Bernard dans le registre paroissial et souvenirs de participants.

Les paroissiens se sont déplacés en masse pour l’événement. C’est la guerre et beaucoup de Chaléonnais sont prisonniers. Les chrétiens de la paroisse, très nombreux, sont invités à en faire une journée de prière pour le retour des prisonniers.

Compte-rendu du Curé Bernard dans le registre paroissial.

Le 23 avril 1944 :
M. le Curé a obtenu que l’itinéraire de Notre-Dame de Boulogne qui primitivement devait aller directement de Ste-Pazanne à Bourgneuf par la grand route soit déviée par St-Hilaire. C’est le curé de Sainte-Croix [1], membre du comité directeur, qui lui a obtenu cette faveur.

16 juin 1944 :
Le 16 juin, après la consécration de toutes les familles au Coeur Immaculée de Marie, la paroisse s’ébranle au devant de la Vierge, qui doit nous être passée par Sainte-Pazanne. (Les enfants seuls ont été exclus. Nous sommes en guerre. L’aviation anglo-américaine bombarde les attroupements. Il y a lieu de craindre.) Nous voici à la Beurrière, limite de la paroisse. C’est là que Sainte-Pazanne nous la livre. Minute inoubliable et si émouvante que cette rencontre. Les deux paroisses sont à genoux sur la route et entourent la vénérable statue. Chant. Invocation. Supplication. Salut. Adieux.

Nous ramenons triomphalement la barque miraculeuse qui porte la Vierge toute blanche et son fils bénissant. Une Christ que les autorités municipales se passent est porté devant elle. Le chemin est bordé de guirlandes et de houx ou de fragonette blanchie à la chaux et garnie de roses. De temps à autre, des arcs de triomphe. Dès les premières maisons du bourg, la route est comme un tapis d’hermines qui ont été peintes jusqu’à l’église et jusqu’à la Prise.

On conduit la statue à l’église. Premières prières. Les missionnaires qui accompagnent saluent la Vierge et nous la confient. Chéméré et Arthon se joignent à nous. L’église est évidemment trop petite. Après le déjeuner, on conduit la statue au calvaire. Le R.P. Amiand, de l’Immaculée, fait prier la foule pendant qu’elle défile devant la statue et jette dans la barque des centaines de consécrations familiales.

Souvenirs de participants

Ceux qui sont nés après la guerre n’ont généralement pas entendu parler de cette opération. Il faut interroger les plus anciens pour avoir des souvenirs :

Emma Ecorse se souvient de l’Arc de triomphe à la sortie du bourg en direction de Bourgneuf, sur lequel on avait fixé les photos de tous les prisonniers.

Les photos des prisonniers exposées sur un arc de triomphe
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Joseph Guilbaudeau habitait alors la Richerie et se souvient de l’arc de triomphe élevé dans le village et du chemin jusqu’à Malabrit.

Le pélerinage, de la Richerie à Malabrit par le Temple et la Carrouère
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Camille Briand-Laizé est plus que dubitative sur l’affectation des fonds. Il n’est pas sûr qu’ils aient beaucoup servi aux prisonniers...

On n’a jamais su ce qu’était devenu l’argent...
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Notes

[1] paroisse de Nantes où exerçait Rogatien Bernard comme vicaire avant d’être nommé curé de Saint-Hilaire

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