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Chronique d’Eloi Guitteny lue par Marcel Boucher, qui entretient lui-même un magnifique jardin tout près de la maison et de la forge où vivait et travaillait Eloi Guitteny. Le texte initial a été publié en 1976.

Le jardinage lu par Marcel Boucher.
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Traduction :
Dans les fermes, il fallait voir comme les jardins étaient entretenus ! Il y avait bien plus de monde qu’aujourd’hui et puis, les vieux, au lieu de se retirer au bourg, ils voulaient finir leur vie sur la terre qu’ils avaient travaillée toute leur vie.

Quand ils ne pouvaient plus s’occuper des bœufs, ils empoignaient la pelle. Les plates-bandes étaient redessinées et nettoyées tous les hivers. Elles étaient bêchées et plantées de fruitiers et de légumes de toutes sortes.

Aujourd’hui, on les cultive en plein champ, avec des engins mécaniques. Ça va bien plus vite qu’à la pelle.

Autour du bourg, il y a des grands jardins où chacun bêche quelques carrés pour avoir sa provision de fruits et de légumes.

Autrefois, c’était à qui aurait les premiers petits pois, les plus belles fraises. Je me souviens de ces vieux tisserands qui avaient leurs carrés à côté des nôtres. On aurait pu se mirer dans leurs pelles !

Maintenant, le samedi, la voiture remplace le jardinage. Mais le mouron, le chiendent et le liseron s’en donnent à cœur joie. Ces vieux, ils leur faisaient bien de la misère. Il ne fait pas que ce soit toujours les mêmes qui aient la vie belle !

Juin 1976.

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