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Le baptême de Julien Chauvet en 1845

En 1845, un bébé de trois jours passe plusieurs heures dans la neige... Il a survécu et sa fille, Marie Chauvet-Rondeau nous raconte l’histoire.

C’est Mme Rondeau (1897-1991), l’épicière de la place de l’église qui nous raconte l’histoire du baptême de son père, Julien Chauvet. Celui-ci était né le 18 novembre 1845, à Noyeux. L’hiver était précoce et la neige recouvrait déjà prés et chemins.
A cette époque, on n’attendait pas pour faire baptiser les enfants. La mortalité infantile était encore importante et il fallait à tout prix assurer le paradis aux enfants qui ne vivraient pas... On ne badinait pas avec ça.
Généralement la mère restait à la maison et la marraine s’occupait d’emporter le nourrisson à l’église avec le reste de la parenté. Le bébé était emmailloté de langes et posé sur un oreiller qu’une des femmes tenait serré contre elle.

C’est ce qui fut fait le 20 ou le 21 novembre 1845. La petite troupe s’ébranla de Noyeux, à pied - la famille n’avait pas de voiture à cheval - et se rendit à l’église. Comme c’était la coutume, on se rendit ensuite au café, peut-être pour boire un vin chaud, avant de repartir vers Noyeux. Je ne connais pas l’heure du baptême mais s’il avait eu lieu l’après-midi, il pouvait déjà faire noir quand le groupe a repris la route.
Arrivé à Noyeux, on pose l’oreiller sur la table, et.... plus de bébé. On l’avait perdu en route ! Le grand-père maternel, assumant son rôle de parrain, refit le chemin en sens inverse et dut revenir presque jusqu’au bourg. L’enfant gisait dans la neige au bout du chemin de la prise.

Le récit de Marie Chauvet-Rondeau.
Interview réalisée par Madeleine Rialland et Thérèse Pierrelée

Mme Rondeau imagine que la troupe avait trop bien arrosé la naissance !

Portfolio

L'acte de naissance de Julien Chauvet

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