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La honte d’une adolescente

Enviées pour leur statut de relatives privilégiées, les filles qui pouvaient aller continuer leurs études à Nantes après l’école primaire se retrouvaient alors elles aussi en position d’infériorité et pouvaient à leur tour ressentir la honte.

Dans les années d’après-guerre, les filles de la campagne enviaient parfois celles du bourg qui avaient la chance de continuer les études à Nantes, à Toutes-Aides, le pensionnat où plusieurs filles du pays sont allées passer quelques années. Il fallait pour s’y rendre traverser toute la ville, le pensionnait étant situé à côté de la mairie de Doulon. Partir en pension, c’était alors partir pour des semaines - on ne revenait qu’aux vacances - et porter l’uniforme.

Yvonne Chauvet et sa sœur avaient été envoyées là-bas par leurs parents. Yvonne devait y apprendre le métier de couturière. La rigueur habituelle du pensionnat était accentuée par la guerre et il fallait parfois quitter le dortoir en pleine nuit quand la sirène retentissait pour aller se réfugier dans les sous-sols. Les religieuses trouvant probablement indécent ce défilé en chemises de nuit avaient imposé la robe de chambre dans le trousseau....

Le récit d’Yvonne Chauvet
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