Le patois local > Chroniques d’un vieux Paydret > La buaille
... ou la lessive, toujours le lundi autrefois. Le texte d’Eloi Guitteny, d’avril 1975, extrait des Chroniques inédites d’un vieux Paydret est dit par Renée Bâtard.
-
- La buaille, texte d’Eloi Guitteny lu par Renée Bâtard.
- Télécharger le fichier mp4
Traduction :
Tous les lundis, quel que soit le temps, il fallait s’y mettre. Dans bien des maisons, ça se passait dans la boulangerie, dans le foyer qui se trouvait à l’entrée du four, mais ça se faisait aussi dehors.
La grande poêle de bronze qui servait à la Saint-Jean à faire "bromer" la poêle [1] était posée sur un grand trépied dans la cour avec un gros fagot d’épines au-dessous, de la cendre dans le chaudron pour remplacer la lessive et allez, frotte que je te frotte !
Après, il fallait empoigner le bat-drap et s’en aller à l’abreuvoir ou au ruisseau pour rincer. Je me souviens des années de sécheresse, quand les puits étaient vides, il fallait aller à plus d’un kilomètre et demi pour rincer le linge au pont de Sauzou. J’allais avec ma mère pour rouler la brouette.
L’eau qui restait dans le chaudron s’appelait le "lessis" ou bien le "rebouilli". Il n’était pas question de la jeter. Elle servait à décrasser la fois suivante.
A cette époque, on ne gaspillait rien. Mais ça n’empêchait pas les femmes d’être fières d’étendre sur les haies des draps et des chemises de toile aussi blanches que de la fleur de farine.
Notes
[1] faire bromer (beugler) la poêle était une coutume de la Saint-Jean consistant à faire résonner la poêle avec une pression des doigts sur des joncs tendus de chaque côté du chaudron d’airain.

1 Message