Mémoires d’habitants > Tranches de vie > Braconner, une activité à risque
Paul Recoquillé a vécu la plus grande partie de sa vie à La Caillaudrie, une des fermes du Bois-Rouaud. Il se souvient avoir braconné pour améliorer l’ordinaire.
Aujourd’hui avec sa femme, à 90 ans passés, il vit à la Résidence Saint-André. Il a pris sa retraite au bourg de Saint-Hilaire et a quitté à ce moment-là la ferme qui l’avait vu naître. S’il a l’oreille un peu paresseuse, il a gardé intacte sa mémoire.
Il se souvient avoir braconné sur les terres du Marquis puis du Comte, malgré la vigilance du garde-chasse. Ce n’était pas sans risque. Joseph Guilbaudaud de son côté se souvient d’un fermier de la Richerie expulsé de sa ferme parce qu’il avait été pris à braconner. Cela revenait à priver d’un seul coup ce fermier et sa famille de son moyen de subsistance et de son toit.
Quand on a abordé le sujet, la femme de Paul a manifesté une certaine nervosité. Elle n’a pu s’empêcher - même si c’était dit avec un petit sourire - de le mettre en garde, 75 ans après les faits, contre les risques qu’il prenait. Mais heureusement, il y a prescription !
Le braconnage permettait de mettre un peu plus souvent de la viande sur la table, et, pendant la guerre, les prises étaient monnayables ce qui était très apprécié des jeunes qui se faisaient un peu d’argent de poche que leurs parents ne pouvaient pas leur donner. Paul revoit comme si c’était hier une belle prise de perdrix avec son cousin, Joseph Recoquillé : ils étaient armés d’un carrelet et d’un harmonica !
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- Paul et Anne-Marie Recoquillé, anciens fermiers du Bois-Rouaud
- Enregistrement en octobre 2009 - Télécharger le fichier flv
